18 avril 2014

Rencontre du troisième type : l’accompagnateur virtuel

Par DANS

Ils nous rassurent, nous énervent. Ils nous guident à travers notre parcours d’apprentissage ou nous donnent envie de les semer en chemin. Les accompagnateurs virtuels, ou coachs virtuels, ces avatars qui suivent l’utilisateur dans un bon nombre de formations en ligne, ne laissent personne indifférent. Une utilisation judicieuse de ces aides à l’apprentissage saura faire toute la différence entre une présence aidante ou… irritante.

Quels avantages pour la formation?
Une récente étude de l’Université Stanford rappelle les différents avantages d’inclure un accompagnateur virtuel au parcours d’apprentissage, notamment en raison du lien social et du sentiment de proximité qu’il crée. Seul devant son ordinateur, l’apprenant aurait plus de facilité à assimiler et à comprendre les notions transmises à travers le discours « socialement intelligent » et familier d’un avatar plutôt qu’en lisant un texte. Cette présence aux allures humaines, qui s’efforce de reproduire des mécanismes d’interaction en posant des questions à l’utilisateur, en réagissant à ses actions, en le saluant, ou en lui proposant des conseils, accroîtrait l’intérêt et l’engagement de l’apprenant tout en assurant une continuité entre les apprentissages. Un accompagnateur virtuel augmenterait la mémoire, la confiance et la satisfaction de l’apprenant, ce qui maintiendrait sa motivation à poursuivre la formation.

Quel rôle lui donner?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’accompagnateur virtuel ne joue pas nécessairement le rôle d’un professeur ou d’un présentateur. Pourquoi essayer de recréer le modèle d’une classe traditionnelle alors que le parcours non linéaire de la formule en ligne et la proximité de l’avatar peuvent créer l’impression d’une expérience plus personnalisée? L’accompagnateur virtuel devient un facilitateur qui apparait à des moments clés du parcours afin de conseiller, d’interroger, de reformuler et d’aider à la navigation. Il peut également incarner un modèle professionnel à suivre afin de renforcer certaines pratiques ou comportements (en service à la clientèle, par exemple), jouer le rôle d’un expert qui partage ses astuces, d’un pair qui se poserait les mêmes questions que l’apprenant, ou même d’un alter ego auquel il peut s’identifier. En enseignement des langues, un avatar parlant articulé (Voki) est aussi utilisé pour parfaire la prononciation et simuler l’interaction.

Forme humaine ou pas?
La forme que peut prendre l’accompagnateur virtuel n’a de limite que l’imagination de ses concepteurs. Si vous jonglez entre l’idée d’utiliser une plante parlante rigolote ou un avatar d’apparence humaine, demandez-vous d’abord lequel servirait le mieux les objectifs de la formation et créerait un contexte social motivant. Gardez en tête que l’apprenant doit pouvoir s’identifier à son accompagnateur et lui accorder de la crédibilité. Selon l’Université Stanford, ce lien qui se crée entre l’avatar et l’utilisateur est la clé pour maximiser l’apprentissage.
En fonction des besoins et du budget, les avatars peuvent aller de simples photos, de silhouettes épurées ou personnages allumettes, à des modèles réalistes 3D ou à de la vidéo. Ces alternatives sont toutes valables, pour autant que leur apparition serve un but pédagogique et ne détourne pas inutilement l’attention de l’essentiel.

Références
Reeves, Byron. The Benefits of Interactive Online Characters. The Center for the Study of Language and Information. Stanford University. 2004.
Moore, Cathy. « Let’s save the world from boring training! ». Avatars in elearning: helpful or annoying? Août 2007.